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Dimanche, 11 Juillet 2010 17:59

Antoine SOLLACARO, Ancien Bâtonnier au Barreau d’AJACCIO, Avocat d’Yvan COLONNA.

 

Madame ALLIOT-MARIE, Garde des sceaux, a déclaré le 06 juillet 2010 à l’Assemblée Nationale à propos d’Eric WOERTH « l’innocence se présume, la culpabilité se démontre… ».

 

C’est beau comme l’Antique !

 

Qu’il est sain de rappeler les principes fondateurs de l’Etat de droit !

 

Mais il n’est de charité bien ordonnée que celle que l’on s’accorde à soi même ou à ses amis. Pour les autres, le « populo » et les bergers, vous repasserez !

 

Yvan COLONNA était pour Nicolas SARKOSY l’assassin du Préfet avant d’être présenté au Juge.

 

Pour les juges d’instructions et ceux qui l’ont jugé aux Assises, il appartenait à la défense de démontrer… son innocence !

 

Certes, Jean-Hugues COLONNA n’est pas André BETTENCOURT, il a été Député Socialiste. Il ne finance pas l’UMP, sinon c’est à lui que Madame ALLIOT-MARIE aurait présenté ses excuses après l’arrêt de la Cour de Cassation.

 

La Cour de Cassation a cassé le 30 juin 2010 l’arrêt de la Cour d’Assises d’Appel qui avait condamné dans des conditions honteuses Yvan COLONNA à la réclusion à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 22 ans, soit le maximum.

 

Elle a retenu le premier moyen produit par la défense avec le concours du diligent et efficace Patrice SPINOSI, avocat aux Conseils.

 

Tous les observateurs se souviennent de l’humiliation subie par Monsieur Aurèle MANNARINI, expert cité par la défense, moqué par le Ministère Public et la partie civile, sans aucun soutien du Président de la Cour d’Assises.

 

Le Ministère Public et la partie civile, de concert, ont cru pouvoir agir ainsi car ils savaient qu’ils avaient l’assentiment d’une Cour d’Assises acquise à leur cause.

 

La Cour de Cassation a rappelé à ces moqueurs les principes du débat oral et renvoyé ces humoristes à relire l’article 332 du Code de Procédure Pénale.

 

Mais la défense d’Yvan COLONNA, soutenue par Maître Patrice SPINOSI, a développé 11 autres moyens dont la plupart soulignait le caractère partial et inéquitable du procès d’appel.

 

La Cour de Cassation n’étant pas tenue d’examiner les autres moyens dès lors que le premier entraîne la Cassation.

 

La Cour d’Assises de Monsieur WACOGNE a évité la fessée publique au nom des droits de l’homme bafoués.

 

Cela dit, le plus dur est à venir, il faut dès lors obtenir le complément d’information qui mettra à néant une accusation déjà indigente.

 

Il faudra que la Cour d’Assises de renvoi se tienne à équidistance entre la partie civile, l’accusation et la défense et accepte d’entendre enfin les voix qui soutiennent ( témoins et avocats ) la thèse de l’innocence d’Yvan COLONNA.

 

Le Parquet de PARIS me poursuit pour m’être interrogé à l’audience de mars 2009 sur le fait de savoir si nous étions en France devant une Cour d’Assises ou devant une junte Birmane.

 

Les instances disciplinaires du Barreau m’ont relaxé, estimant que ces propos, certes virulents, ne pouvaient être exclus du contexte d’un procès honteux.

 

Le Parquet Général a relevé appel de cette relaxe.

 

J’ai donc comparu le 1er juillet 2010 devant la 1ère  Chambre Civile de la Cour d’Appel de BASTIA.

 

J’ai maintenu et revendiqué ces propos.

 

Je les assume totalement et la veille, le 30 juin, la Cour de Cassation avait comme nous l’attendions, terrassé la « Junte Birmane ».

 

J’étais donc en bonne compagnie pour affirmer qu’un avocat se doit, sauf à faillir à sa mission, de dénoncer le juge qui se parjure même si quelqu’un disait « du juge ignorant, on salue la robe ».