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Lundi, 06 Avril 2009 01:00
Un article de L´Humanité-Dimanche, du 26/03/09 au 01/04/09, par Diego Chavet 

Procès Colonna .

Au nom de la raison d´État.

Affaire Colonna : L´heure du verdict, mais pas celle de la vérité.

Au terme d´un procès qui a tourné à la parodie de Justice, le berger Corse se voit condamné, sans témoin et sans preuve, à perpétuité. Au terme de presque 2 mois d´un procès surréaliste, le berger Corse a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

(…) Depuis l´arrestation du commando, en mai 1999, Colonna est désigné comme le tireur qui a assassiné le Préfet Érignac, le 6 février 1998. Après l´interpellation de ce dernier en juillet 2.003, le ministre de l´intérieur de l´époque, Nicolas Sarkozy, devenu, depuis, Président de la République l´a désigné immédiatement comme « l´assassin » du Préfet.

Dans cette affaire d´État, la présomption d´innocence, qui est la règle dans une démocratie, n´a pas été respectée. Condamné d´avance par l´exécutif, jugé par une juridiction spéciale sans jury populaire, Yvan Colonna, appuyé par ses 5 avocats, a usé d´une stratégie de guérilla judiciaire pour prouver son innocence qu´il clame depuis sa cavale de 4 ans.

Un principe élémentaire de Justice dans un état de droit veut qu´il appartienne à l´accusation de prouver la culpabilité d´un accusé.

Ça n´a pas été le cas lors des 2 procès du nationaliste Corse. Pis, lors de ce procès en appel, les éléments à décharge pour Yvan Colonna ont été écartés (écoutes téléphoniques, lettre de Didier Vinolas …) et discrédités (réflexions à l´adresse du témoin oculaire du crime qui ne reconnaissait pas Yvan Colonna comme tireur et qualifié de « témoin idéal » par le Président Walcogne ! ! !).

La reconstitution réclamée par la défense refusée par la cour d´assises a entraîné le départ de l´accusé et de ses avocats, laissant le procès se dérouler entre accusation et partie civile.

Au final, la Justice a échoué dans sa mission principale, établir la vérité. Les charges contre Colonna sont bancales (*) Il s´agit essentiellement des aveux du commando lors de la garde à vue, dont les 6 membres ont, par la suite, dédouané le berger Corse.

Une troisième voie, entre culpabilité et innocence, a été esquissée sans que la cour ne cherche à en savoir davantage.

État de Droit la Justice est indépendante et n´obéit pas aux règles de la raison d´État. Dans un État de Droit, et compte tenu du doute qui n´a fait que grandir tout au long de cette affaire, Yvan Colonna peut-il être condamné à la réclusion à perpétuité ?

C´est la question essentielle que pose ce procès et au-delà,les Juridictions spéciales et la justice « anti-terroriste ».

Diego Chavet, Humanité Dimanche, du 26 mars au 1er avril 2009.

(*) N.D.L.R. 1 : si ça ne vous suffit pas, je n´y peux rien, je ne vais pas inventer des éléments», selon l´avocat général Jannier ; Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/02/11/01016-20090211ARTFIG00652-pietrosella-point-faible-de-l-accusation-contre-colonna-.php 

N.D.L.R. 2 : Non seulement il n´y a ni témoin ni preuve, mais il y a des témoins qui disent qu´il était ailleurs ! ! ! Condamné donc uniquement sur décision du monarque par lettre de cachet ! dans un procès totalement truqué.