Que reste-t-il contre Yvan Colonna ? Acquittement obligatoire ?

Faire le point sur les 5 semaines de procès écoulées… Dont deux en l´absence d´Yvan Colonna ? De rebondissements en scandales, les audiences ont clarifié ce qu´ YC dénonce depuis longtemps, notamment la partialité assumée et décomplexée d´une cour d´assises en situation de connivence affichée avec le parquet et les partie civiles. On perçoit mieux à présent les contours du scandale judiciaire qu´est l´Affaire Colonna, est en passe de devenir l´erreur judiciaire de la décennie…

Le passage du commando à la barre, pièce maîtresse de l´accusation et unique argument contre l´accusé, devait, comme au cours du précédent procès, consacrer la culpabilité d´Yvan Colonna. Il n´en a rien été : tous les membres du commando, même les plus réticents à donner des explications sur les faits, ont dédouané YC de façon très claire. Ils ont par ailleurs dévoilé partiellement le scénario réel des faits et laissé entendre qu´YC leur a servi de leurre tout au long de la procédure, afin de figer une thèse et de protéger d´autres membres du commando non identifiés…

Leurs femmes, étrangères aux actions menées mais menacées de complicité (entre autres pour fourniture de moyen et faux témoignage) n´ont pas résisté aux pressions des policiers et des juges anti terroristes, ces derniers les ayant interrogées en fin de garde à vue, après 4 jours de traitement dégradants, dans la plus totale illégalité (elles auraient été « invitées à se rendre en compagnie de policiers à la galerie St Eloi » alors qu´elles étaient libres de rentrer chez elles)

La Cour, en possession de nouveaux éléments (éventualité de personnes non identifiées, balistique, absence de confrontations entre balisticien et légiste) a donc eu peur de la reconstitution sur les trottoirs de la rue Colonel Colonna d´Ornano… : et si un examen précis, en présence de tous les acteurs et témoins de la soirée du 6 février , en présence des experts, consacrait effectivement l´innocence d´Yvan Colonna ? 

Alors pour tenter d´éviter le naufrage du procès et l´effondrement de l´édifice judiciaire construit à l´encontre d´Yvan Colonna, la cour a de nouveau refusé cet acte essentiel de toute procédure criminelle qu´est la reconstitution. Et ce faisant confirme sa partialité…

Ce qui exclue Yvan Colonna de l´attentat contre le préfet :

Les témoignages oculaires (tous affirment ne voir que 2 hommes et ne reconnaissent pas Yvan Colonna)

La balistique (le tireur serait plus grand qu´Yvan)

Les écoutes téléphoniques (certaines et notamment leur contenu, à décharge, ont disparu du dossier et sont versées par la cour 1 jour après le départ d´YC et de ses défenseurs…)

Les filatures de 98 et 99 (YC n´est présent à aucune réunion préparatoire des attentats et rein ne permet d´affirmer que le relationnel existant entre YC et certains membres du commando est de nature « conspirative »)

Les témoignages du commando (ils affirment clairement qu´Yvan ne faisait pas partie de leur groupe)

Ce qui démolit l´enquête :

Les pistes non explorées (comment dans une affaire aussi grave peut-on omettre des vérifications essentielles puisque le groupe semblait comprendre d´autres hommes)

Les contradictions des déclarations de GAV (les membres du commando ne disent pas tout et sont souvent contradictoires dans leurs évocations des faits)

Les conditions dans lesquelles sont recueillies les mises en cause (les gav sont à présent avérées poreuses et particulièrement brutales pour les femmes)

La circulation des PV dans le temps des GAV (certains policiers ont reconnu cette porosité, d´autres continuent de la nier maladroitement pour attester que le nom de Colonna est apparu spontanément dans la procédure)

Ce qui atteste de la volonté farouche de le condamner coûte que coûte

L´instruction (elle s´inscrit dans une continuité de ce qu´ont été les gav, sans précautions ni vérification, uniquement à charge donc)

La condamnation en 1° instance à une peine de perpétuité sans aucun élément de preuve

Le renversement de la charge de la preuve (on demande à YC d´apporter la preuve de son innocence alors c´est à l´accusation de prouver sa culpabilité)

La stigmatisation d´YC dès 98 et la construction policière de sa culpabilité (le nom d´YC est depuis 98 dans les « tuyaux » des enquêteurs qui transforment pour les besoins d´une enquête menée sous pression politique, un relationnel professionnel ou amical en association de malfaiteurs)

La gestion des témoins à la barre du président Wacogne (absence de questions sur des points essentiels aux témoins à décharge, aide à la formulation quand il s´agit de témoins à charge, pas de questions de la part des assesseurs qu´il ne sollicite jamais)

La dissimulation de pièces utiles à la manifestation de la vérité (lettre de Vinolas et certificat médical de Lebbos) sa solidarité avec les juges d´instruction quand il s´agit des écoutes téléphoniques à décharge non versées en procédure)

La continuation des audiences en l´absence de l´accusé et de sa défense, pour sauver les apparences.

Quelle autre issue que de partir, de refuser le piège de la condamnation prévue à l´avance ? c´est une décision pourtant difficile, Yvan aurait préféré aller jusqu´au bout pour dénoncer encore et toujours le sort judiciaire qu´il subit depuis tant d´années et tenter de prouver son innocence…refuser la reconstitution c´est lui refuser les moyens de se battre à armes égales…

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