Un crime politique en Corse – Claude Érignac, le préfet assassiné

Un crime politique en Corse – Claude Érignac, le préfet assassiné
Alain Laville
Editions Cherche Midi

Pendant un an, en Corse et sur le continent, Alain Laville a mené l’enquête sur l’assassinat du préfet Érignac, le 6 février 1998, à Ajaccio. La police et la justice n’ont toujours pas réussi à dénouer tous les fils de ce crime politique et à arrêter les tueurs et leur commanditaires. Après avoir fait face à bien des « avertissements », l’auteur nous entraîne au cœoeur d’une affaire d’État et de secrets jamais révélés. Il trace aussi le portrait d’un homme d’exception, serviteur de l’État, qui ne transigeait jamais, et qui avait compris, dès sa nomination, qu’il allait être confronté à une mission impossible en raison des lâchetés des uns et des compromissions des autres.

6 commentaires sur “Un crime politique en Corse – Claude Érignac, le préfet assassiné

    1. Merci Monsieur Leca pour ce supplément d’informations. Qui avait, en l’absence de Claude Erignac, la possibilité d’entrer dans son bureau ?
      – Démétrius Dragacci, patron de la P.J.
      – Bernard Lemaire, préfet adjoint.
      On n’entre pas dans une préfecture comme dans un pagliaghju abbandunatu.
      Si les faits n’ont jamais été évoqués tout au long de l’enquête ni pendant tous les procès qui se sont succédés, c’est bien pour cela : un berger, un quidam, ne pouvaient en aucun cas mettre la main sur ces écrits.
      J’ai toujours pensé que la Corse et quelques corses n’avaient été, dans ce drame, que le décor et, hélas, les victimes collatérales. Elle va payer longtemps pour un crime qui ne la concerne pas.

      1. Il est vrai que l’on n’a pas fait grand écho de certains faits troublants.
        Il a toutefois été dit qu’une enveloppe kraft avait disparu et que le coffre du bureau du préfet aurait été forcé et retrouvé vide.
        Par ailleurs, Didier Vinolas, secrétaire général de la Préfecture, bras droit du préfet, a tenu (en substance) les propos suivants : “ Quand je suis entré le matin du 6 février dans le bureau de Claude (sic), il était blême et dans un état que je ne lui avais jamais connu. Me désignant les feuillets qu’il tenait à la main, il m’a dit : “ Si cela vient à être ébruité, c’est une catastrophe ! “.
        Que contenaient ces documents capables d’ébranler un homme de pouvoir rompu aux situations délicates ?
        Manifestement, ils n’ont pas été retrouvés ; du moins, officiellement…
        Troublante “coïncidence“ s’il en est, il était assassiné le soir même.

        Pour mémoire :
        De son propre aveu, Didier Vinolas n’était pas l’ami du préfet Erignac. Il n’en était pas moins son proche collaborateur. C’est à ce titre qu’il était cité comme témoin de l’accusation par le Ministère Public qui le présentait comme un homme digne de confiance de par sa proximité avec le préfet…jusqu’à ce que ses dépositions, semant le doute sur la fiabilité des enquêtes de police, ne s’inscrivent plus dans le scénario préétabli de la culpabilité d’Yvan Colonna. Il fallait alors qu’on le fasse taire d’urgence. On le confronta à divers responsables de la police et de la Justice qu’il avait mis en cause et qui, bien que se contredisant les uns les autres, le firent passer pour un affabulateur, un mythomane incohérent. Il fut ainsi cloué au pilori, présenté comme un être peu fiable car fragile psychologiquement et motivé par un désir pathologique de notoriété. Discrédités, l’homme et son témoignage. Exit “l’homme de confiance“…et ses éventuelles révélations dérangeantes.

        1. Encore une fois, je vous remercie Monsieur Leca. J’ai toujours beaucoup apprécié vos articles très documentés. Nous avons besoin sans cesse de revenir sur les faits, de remettre de l’ordre dans notre mémoire. Gràzie.

  1. j’ écris très rarement sur les pages d’un livre que je lis. Celui-ci est une exception. Je ne me souvenais plus que je l’avais criblé du début à la fin. Mais j’ai retenu 3 pages : 10 à 13 . mais ces trois pages sont un procès verbal. La juge Laurence Le Vert de la 14e section anti- terroriste à Paris, inscrit les déclarations de Madame Dominique Erignac le 13 mars 1998. ( Claude Erignac a été assassiné le 7 février 1998 ) Pourquoi ces déclarations capitales n’ont jamais été évoquées par la suite ? Le reste de l’ouvrage m’avait plus qu’agacée par son racisme anti-corse primaire.

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