Affaire Erignac : l’ex-patron de l’antiterrorisme Roger Marion placé sous le statut de témoin assisté pour dénonciation calomnieuse

L’avocat des plaignants, mis en cause dans une enquête dirigée par Roger Marion après l’assassinat du préfet Erignac, en 1998, dénonce une « machination », e lrapporte mercredi France Bleu RCFM. L\’ancien patron d\’antiterrorisme Roger Marion, à Paris le 10 mars 2009.

 

L’ancien patron de l’antiterrorisme Roger Marion a été placé sous le statut de témoin assisté le 21 mars dernier pour « dénonciation calomnieuse, 20 ans après la découverte en 1998 d’explosifs sur le domaine de Pinia (Haute-Corse), alors qu’il intervenait avec ses hommes dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du préfet Erignac, rapporte mercredi 11 avril France Bleu RCFM.

Le 15 septembre 1998, les hommes de Roger Marion, qui faisaient de la « piste agricole » une priorité, ont mis la main sur des explosifs et des détonateurs sur le domaine de Pinia, près de Ghisonaccia. Les gérants du domaine, Gérard Serpentini et Mathieu Filidori, ont alors été interpellés, mis en examen et placés en détention. Mais quelques mois plus tard, Serge Garracio, alors gardien du domaine, a affirmé avoir été contraint par la police de déposer des explosifs sur les lieux. Il l’a redit devant la cour d’assises lors du procès de l’assassinat du préfet Erignac. Les révélations du gardien ont été également confirmées, dans le livre Place Beauvau (d’Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé) par l’un des policiers ayant participé aux opérations ce jour-là.

« Machination extrêmement grave »

Cette affaire a valu aux deux responsables du domaine de Pinia d’être maintenus en examen durant 18 ans, avant de bénéficier d’un non-lieu, en juin 2016. Leur avocat, Me Emmanuel Mercinier-Pantalacci, a expliqué à France Bleu RCFM que cette procédure faisait suite à une plainte déposée il y a quatre ans. « Ils attendent que la justice reconnaisse la machination dans laquelle s’est, de façon extrêmement grave, compromise la direction nationale antiterroriste, dirigée à l’époque par celui que tout le monde connaît, et qui poursuivait là ses intérêts personnels et refusait d’admettre, aveuglé par l’ego notoire qui était le sien, qu’il ne tenait pas la bonne piste des assassins du préfet. » Roger Marion, âgé 71 ans et aujourd’hui préfet honoraire, rejette ces accusations.

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