AFFAIRE YVAN COLONNA : «UNE ERREUR JUDICIAIRE N’EST PAS À ÉCARTER», SELON JEAN GLAVANY

Par Christian Taveira – Mis à jour le 07/04/2021 à 15:47Publié le 07/04/2021 à 15:47

Invité de L’heure des Pros, ce mercredi 7 avril, l’ancien ministre socialiste Jean Glavany est revenu sur l’affaire Yvan Colonna, condamné à la perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, le 6 février 1998.

Face à Pascal Praud, Jean Glavany a déclaré que, selon lui, «l’hypothèse qu’il y ait eu une erreur judiciaire» dans cette affaire «n’est pas complètement écartée».

Pour appuyer son propos, l’ancien ministre de l’Agriculture de Jacques Chirac (gouvernement Jospin), a expliqué que, d’après lui, «la justice tenait un coupable idéal dénoncé par tout le monde et quand on connaît les difficultés que la justice a en Corse – compte-tenu à la fois de cette omerta terrible où on empêche les témoins de témoigner – elle a condamné l’homme qui lui était proposé».

«Manifestement, au sein de ce commando, il y a des choses qui n’ont pas été dites. Ce que le procès a d’ailleurs un peu fait apparaître. Et, au fond, la justice, d’une certaine manière, a condamné celui qu’elle avait sous la main», a-t-il ajouté.

Pour autant, Jean Glavany a indiqué ne pas vouloir «accabler la justice», mais, a-t-il encore dit, «au nom (…) des mécanismes judiciaires, elle avait un coupable dont elle avait besoin y compris pour le fonctionnement de la justice de condamner un homme».  

YVAN COLONNA, DÉFINITIVEMENT CONDAMNÉ

L’affaire Colonna est sans doute l’une des plus grandes affaires judiciaires françaises de l’histoire récente. Surnommé le berger de Cargèse (Corse-du-Sud), Yvan Colonna avait été arrêté le 4 juillet 2003, soit après une cavale de plus de quatre ans suivant l’assassinat du préfet Claude Erignac.

Dans le viseur de la justice, qui consacrera pas moins de trois procès à l’affaire, un commando de nationalistes corses composés de sept hommes. Parmi eux, six ont reconnu avoir fait partie du groupe qui a revendiqué l’assassinat du préfet de Corse, perpétré le 6 février 1998 à Ajaccio. Le berger de Cargèse, lui, a toujours clamé son innocence. Tous ont été reconnus coupables du crime et jugés définitivement.

Par trois fois, Yvan Colonna a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité et a désormais épuisé toutes les voies de recours. Selon les textes, il pourrait toutefois être libérable à partir de cette année. Mais son statut de DPS («détenu particulièrement surveillé») fait qu’il est possible qu’il soit encore emprisonné durant plusieurs années supplémentaires.

Proche du père d’Yvan Colonna, Jean Glavany, ministre et député à répétition dans son fief des Hautes-Pyrénées, était venu dans L’Heure des Pros pour présenter son dernier livre. Intitulé «3.000 ans après Ulysse» (Ed. EdiSens) et co-écrit avec Olivier de Kersauson, l’ouvrage est une ode à la Méditerranée.

https://www.cnews.fr/videos/france/2021-04-07/affaire-yvan-colonna-une-erreur-judiciaire-nest-pas-ecarter-selon-jean

4 commentaires sur “AFFAIRE YVAN COLONNA : «UNE ERREUR JUDICIAIRE N’EST PAS À ÉCARTER», SELON JEAN GLAVANY

  1. Mieux vaut tard que jamais, dit-on. Certes. Mais malheureusement, pendant toutes ces très longues années, « l’amitié » de monsieur Glavany envers Jean Hugues, s’est montrée on ne peut plus discrète et, pareille à celle du monde politique de tout bord, sa voix ne s’est jamais élevée pour relever les incohérences et contradictions qui ont pollué enquêtes, instruction et procès.

  2. Bien sur que Yvan c est une erreur judiciaire et tout les trois ont purgé leur peine alors ils faut les libérer c est quoi cette justice française

  3. A première vue après 25 ans ces trois hommes devraient être libérés.
    Ils ont payé leurs peines .
    Être préfet c’est aussi être un gardien de la paix c’est à dire un poste à risque comme tous les postes politiques qui concernent la protection des lois .
    Nous avons besoin de ces hommes et femmes afin d’assurer une société sécuritaire pour tous .
    Par contre la politique et ses conflits font déraper certains esprits , entraines par la fougue , une certaine vision de la justice , ces esprits commettent des erreures .
    Ces erreures ils doivent les payer ; une fois payées le retour à la liberté s’impose .
    Le métier de préfet est un métier à risque comme bien d’autres.

  4. Je suis horrifiée de ce qui vient de nous tomber sur le cœur par le biais de cette aggression mortelle sur l`être qu`est Yvan Colonna.
    Yvan, je te prie, te supplie de TENIR, et de revenir.
    Tu es la plus belle force, preuve du pied de nez que l`on peut faire, donner à vivre à cet état d`une justice démoniaque, parcellaire et tellement peu crédible dans le procès qu`elle t` a donné à endurer.
    Depuis le début de cette affaire, je te sais innocent, je ne te connais pas physiquement, mais je te CONNAIS par l`âme et la pensée.
    J ` `espère qu`un jours ces politicards obtus reconnaîtront leur ERREUR, face à l` accusation qu`ils t` ont INFLIGÉ.
    Aujourd` hui en moi bouillonne la COLÈRE.
    Je pense fort à toi, à ton épouse, ton petit garçon et toute ta famille.
    Un jour je me rendrais à Carghèse et leur dirais mes mots, ceux que je te dis à toi, au cœur de cette souffrance, être présente c`est tendre la main de l`humanitude, de l«  empathie, d` un SOUTIEN INDÉFECTIBLE.
    Une Amie d` AUDÉ ( Aullène)

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